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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 19:44

Policier.

Version publiée en 1985,

aux éditions Gallimard (Carré noir).

248 pages.

 

Je m'appelle Nick Corey. Je suis le shérif d'un patelin habité par des soûlauds, des fornicateurs, des incestueux, des feignasses et des salopiauds de tout acabit. Mon épouse me hait, ma maîtresse m'épuise et la seule femme que j'aime me snobe. Enfin, j'ai une vague idée que tous les coups de pied qui se distribuent dans ce bas monde, c'est mon postérieur qui les reçoit. Eh bien, les gars, ça va cesser. Je ne sais pas comment, mais cet enfer va cesser.


1275 âmes

 

«Ben, ma foi, y a un écriteau juste à l'entrée du pays qui dit : 1275 ha., alors ça doit être à peu près ça. 1275 âmes.»

 

Dans ma wish-list depuis un moment, je l'ai emprunté à la médiathèque. La quatrième de couverture promettait un ton décalé et cynique, et l'on n'est pas déçu !

 

Nick Corey est donc shérif de Pottsville, un petit village paumé des USA. Sa vie se résume à manger, dormir coucher avec toutes les femmes qui voudront bien de lui et ne pas s'attirer d'ennuis. A la veille des élections du nouveau shérif, il compte bien respecter ce mode de vie... Malheureusement, tout ne se passe pas comme prévu (évidemment, sinon pourquoi faire un livre me direz-vous?!)

 

Les personnages sont caricaturaux au possible : on a droit au shérif qui se tourne les pouces, à sa femme qui n'est jamais contente de lui, à une maîtresse qui se fait battre par son mari d'ivrogne et à une ancienne fiancée qui le snobe (mais va finir par lui courir après...). En gros, le lecteur est propulsé dans un bon vieux western et tout est là pour nous mettre dans l'ambiance. Et même si les personnages et les chevaux de cow-boy suffisent, l'auteur en rajoute quand même une couche avec un langage très familier (que ce soit dans les dialogues ou dans le récit) ainsi qu'une narration en « je » et au présent de l'indicatif. On se croirait réellement au Texas !

 

Et finalement, même si le début demande un petit effort d'adaptation pour rentrer dans le quotidien des Pottsvillois et de Nick Corey, on s'habitue et les 250 pages de ce policier s'enchaînent très vite (une seule après-midi m'aura suffi pour en venir à bout!). L'intrigue, elle, est par contre un peu vite amenée : Nick se présente lui-même comme un homme à qui il ne faut pas trop en demander et qui préfère rester loin des ennuis et pourtant ici les meurtres, les complots et les mensonges s'accumulent... Je n'ai pas vraiment compris ce qui passait par la tête du shérif pour que d'un coup il décide de se débarrasser de tout son entourage, surtout avec cette violence parfois sans aucune vraie raison à mes yeux...

Certes, Jim Thompson a voulu dénoncer la justice et le système des USA avec un humour noir et décapant, mais je pense qu'il aurait pu un peu mieux mélanger tout ça et nous écrire une histoire un peu plus fluide.

 

Pour finir, un petit détail qui m'a chagriné tout au long du livre. Je ne sais pas du tout à quelle époque l'action se déroule et j'ai trouvé ça assez déroutant. Il y a quelques détails dans le mode de vie des personnages mais pour moi tout ne colle pas parfaitement (et ça me perturbe!). Au fil des pages, on comprend que les habitants de Pottsville se déplace pour la plupart en chevaux et carrioles, et l'auteur évoque également la ségrégation, voire même l'esclavage (les Noirs travaillent encore dans les champs de coton). Cependant, on croise ensuite des trains, des tramways et le téléphone... Bon il est fort possible que ça soit moi qui ait fait une fixette sur ça et que toutes ces technologies aient cohabité à un moment donné mais ça m'a laissé une donne d'impression...

 

Bref, une lecture agréable qui rappelle le ton cynique et mordant de San Antonio. Malgré une action un peu sorti de nulle part, le contexte reste sympa et assez bien tourné en dérision pour devenir drôle.

 

Cette lecture a été faite dans le cadre de la 8ème session du challenge Un mot, des titres du 31 mai 2012 pour le mot « âme ».

Challenge Un mot, des titres

 

 


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commentaires

Marion F 04/06/2012 14:52


 


Je l'avait emprunté à la médiathèque, j'avais beaucoup d'autres choses à lire, peu de temps, et un lecteur l'avait réservé, alors je l'ai rendu sans le lire (je suis trop gentille:D), je me dit
que j'ai bien fait car je ne supporte pas vraiment les textes où l'auteur emploie un vocabulaire vraiment familier (généralement on vire rapidement au grossier, c'est le cas ici ?).


A propos du contexte, d'après ce que tu en dis il semble que cela se passe au XIXème siècle (l'auto date du siècle précèdent, 1804 locomotive à vapeur, 1808 abolition dans le texte de la traite
négrière aux EUA, ds les 1830's le tramway, 1863 abolition de l'esclavage dans le texte aux EUA (en sachant que , 1879 le téléphone en France donc on compte quelques années avant pour les EUA
mais pas grand chose (3-4 ans max), et des gens se déplacent encore à cheval de nos jours (notamment aux EUA) , et pas seulement pour faire plaisir aux touristes, dans la plupart des villes
de France tu peux te balader avec ton cheval et ta carriole comme d'autres prennent la voiture ou le vélo. On peut alors même dire que c'est dans la deuxième moitié du XIXème voire début du
XXème, après Lucky Luke (pour les discriminations raciales elles ne sont pas vraiment déterminantes pour une situation dans le temps si on pense à Malcolm X, Rosa Parks, etc.).

Riz-Deux-ZzZ 05/06/2012 18:46



Non ce n'est pas un vocabulaire grossier, contrairement à beaucoup d'autres livres où, comme tu dis, le familier est synonyme de grossier... Là c'est plutôt le gros stéréotype du paysan et ses
expressions un peu bizarres ! =)


 


Merci beaucoup pour ton explication du contexte historique, j'avoue que le téléphone et le tramway m'avait un peu perturbé par rapport à la façon de vivre des personnages...



Adalana 01/06/2012 08:13


Je ne sais pas trop si ça me plairaît mais je vais le noter dans un coin tout de même car le côté "décalé et cyniqe" m'interpelle.

Riz-Deux-ZzZ 01/06/2012 18:07



Oui, je l'avais noté depuis un moment déjà et je me suis décidé à le lire... ça ne sera pas une lecture inoubliable je pense mais bon...


 


Merci pour ta visite et ton commentaire !



calypso 01/06/2012 07:57


Je lis peu ce genre de romans au ton décalé, alors pourquoi pas ! Cependant, ce que tu dis de l'intrigue pourrait me convaincre de ne pas le lire...


 


Merci ! :)

Riz-Deux-ZzZ 01/06/2012 18:06



Ben c'est vrai que j'ai trouvé que le personnage principal changeait de personnalité assez rapidement sans vraiment de raisons...



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